Iriatherina werneri
C'est en 1973 que des aquariophiles allemands, A. Werner, Jr. et E. Frech, rapportèrent d'Irian Jaya ce petit Mélanotaeniidé. Le Dr Herman Meinken , qui en reçu quelques spécimens, décrivit cette espèce et la nomma en l'honneur de l'un de ses collecteurs.
 
On trouve Iriatherina werneri dans plusieurs rivières se situant entre la Merauke et la Fly River sur l'île de Nouvelle-Guinée. I. werneri est aussi présent dans la Jardine et dans l'Edward River dans la péninsule du Cape York en Australie. On peut aussi le rencontrer dans les marécages d'Arafura du Northern Territory. I. werneri occupe probablement tout le pourtour du golfe de Carpentarie. Ce petit poisson ne dépasse généralement pas les 5 centimètres. Les Mâles sont bien sûr plus beaux que les femelles. Leur nageoire anale et la deuxième dorsale sont particulièrement développées. A la base, elles sont jaune transparent et en s'allongeant, elles deviennent noires et opaques. La première nageoire dorsale a sa partie supérieure rouge en opposition avec sa base qui est jaune. Deux rayons plus développés que les autres prolongent la caudale de deux traits rouges. Le corps est très allongé avec des reflets argentés. Les femelles ont les nageoires plus courtes et leurs couleurs sont plus ternes. Les spécimens de Nouvelle-Guinée sont souvent plus foncés que ceux que l'on trouve en Australie. On a récemment découvert une variété aux nageoires jaunes dans le nord du Queensland.
 
Iriatherina werneri est un poisson très timide qui ne devrai pas se rencontrer en aquarium communautaire. Un aquarium d'environ 60 litres convient très bien pour maintenir une douzaine d'exemplaires. Un bac de 60 x 30 x 35 convient très bien. Le fond sera recouvert de polystyrène expansé, résiné et sablé. On y aménagera des jardinières pour des anubias ou pour de la mousse de java. Dans le coin droit la prise d'eau du filtre à décantation sera cachée par un buisson de Cabomba caroliniana. Dans le coin gauche une surface de mousse de java, remontant un peu sur le polystyrène, sera installée pour que les couples viennent y pondre. Sur la plage centrale une petite espèce d'avant plan comme Lilaelopsis novae-zelandiae, Echinodorus tenellus ou des petites Cryptocoryne sera plantée. L'aquarium sera éclairé par deux néons de 18 W. La filtration sera faite par décantation et la pompe de rejet de l'eau sera réglée sur ~120 à 150 litres/heure. Le substrat sera terreux et si vous le voulez vous pouvez installer un diffuseur de CO2. J'ai obtenu de bons résultats avec un appareil qui fonctionne par électrolyse. La température sera maintenue entre 23 et 28 °C. Le pH sera compris entre 7 et 8 selon la provenance du poisson, car les eaux australiennes ont généralement un pH plus élevé que celles de Nouvelle-Guinée. Vingt litres seront changés toutes les semaines.
 
Dans ces conditions I. werneri ne peut s'empêcher de se reproduire. Pendant la parade le mâle vas tenter de séduire la femelle en étalant ses nageoires le plus possible et en faisant éclater ses couleurs. Après il fait bouger ses nageoires d'un petit mouvement haut-bas. Si la femelle est intéressée, elle va se mettre à la recherche d'un site de ponte. Le mâle la suit jusqu'au moment où elle trouve un endroit adéquat. Là ils pondent un groupe d'œufs qui prendra 5 à 7 jours pour éclore. Les femelles choisissent le plus souvent la mousse de java comme site de ponte. A la naissance les alevins sont si petits qu'ils ne peuvent avaler que des infusoires ou de très fines poudres pour l'aquaculture. S'ils naissent dans l'aquarium de maintenance, ils trouveront assez de micro-organismes pour vivre et grandir normalement. Après environ huit semaines ils devront mesurer entre 1,5 et 2 centimètres de long
 

Les adultes demandent une nourriture adaptée à la taille de leur bouche. Dans leur milieu naturel ils se nourrissent d'animaux et de plantes unicellulaires ou de très petits crustacés. En captivité, ils peuvent êtres nourris de nauplies d'artémias, de daphnies, de cyclopes, de vers grindals, etc. vivants ou congelés. Ils acceptent aussi toutes les nourritures sèches. Ils ne mangent pas les aliments tombés au sol. Dans ce cas des auxiliaires de nettoyage comme les planorbes et les melanoides sont vivement recommandés.

Image provenant du site de M. Adrian R. Tappin.

© 1999 G.L.


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